Société

Transparence, qualité et lutte contre la fraude : les nouvelles exigences de la sécurité alimentaire

7 juin. 2019

Longtemps cantonnée à son territoire d’origine (hygiène, qualité, nutrition), la sécurité alimentaire repousse chaque jour ses frontières, au fil des scandales faits de lasagnes à la viande de cheval en France, de lait infantile à la mélamine en Chine ou de fausses huiles d’olive aux États-Unis. Une transformation initiée par les pouvoirs publics mais également  par une nouvelle génération de consommateurs en quête d’une alimentation saine, voire bio, plus respectueuse de l’environnement, du travail agricole et du bien-être animal. Une tendance de fond que Bureau Veritas a su anticiper par des approches innovantes.

Salmonella, Listeria, Escherichia Coli… trop souvent, ces bactéries vedettes s’invitent sans prévenir à la table du consommateur. À leur façon, elles illustrent l’éternel combat en matière de sécurité alimentaire : à l’ère du 4.0, tout doit être mis en œuvre côté hygiène sanitaire pour maîtriser davantage les procédés de nettoyage et les bonnes pratiques. L’objectif est d’empêcher toute présence non désirée de bactéries, et désormais de virus, au menu des produits et préparations alimentaires. Les virus principalement incriminés sont l’hépatite A, transmise par l’eau d’arrosage, et les norovirus, contenus dans les fruits rouges et les fruits de mer. Contrairement à l’univers microbien qui est aujourd’hui globalement sous contrôle à toutes les étapes (production, distribution, restauration, etc.), la maîtrise efficace des virus dans l’alimentation n’en est qu’à ses débuts.

Fraude alimentaire : difficile de faire confiance à un produit dont on ignore s’il a été (bien) contrôlé…

La sophistication des moyens de mesure a entraîné ces dernières années une évolution des seuils de détection des contaminants présents dans les aliments (pesticides, métaux lourds, résidus d’antibiotique, etc.). C’est une bonne nouvelle pour le consommateur, échaudé par les nombreux scandales de fraude alimentaire. La complexification des chaînes d’approvisionnement, où il y a en moyenne sept à huit intervenants par produit transformé,  et l’internationalisation des circuits de négoce font que le retentissement des affaires est décuplé. « Le screening, qui consiste à balayer la composition du produit de façon très large, repose sur des technologies encore très onéreuses et peu au point, constate Nicolas Karam, Vice-président Food Service Line de Bureau Veritas. D’où l’enjeu actuel pour les industriels de trouver des moyens pour se prémunir d’éventuelles fraudes alimentaires, à l’heure où la lutte contre ces délits est intrinsèquement liée à l’environnement réglementaire. » Comment donc faire confiance à un produit pour lequel on ne dispose pas de tous les éléments ayant servi à le contrôler ?

Pour tenter de restaurer la confiance en matière de sécurité alimentaire, Bureau Veritas s’appuie sur un réseau de collaborateurs partout dans le monde. La présence du groupe dans de nombreux pays permet par exemple de déployer des inspecteurs en Thaïlande pour contrôler la qualité du riz produit localement, puis son chargement-déchargement et enfin sa réception à l’usine, avant transformation. Un partenariat de confiance est ainsi mis en place tout au long de la chaîne de valeur grâce à un ensemble d’inspections et de contrôles. L’enjeu pour les industriels et les distributeurs est que ces contrôles renforcés servent la protection de la santé des consommateurs ainsi que la protection de leur marque auprès de ces derniers, comme autant de signaux forts vers plus de transparence ou encore d’engagement en matière de développement durable.

Bureau Veritas intervient sur la traçabilité des aliments, en proposant des outils innovants, à l’image de la solution Origin basée sur la technologie blockchain, en complément de dispositifs existants (certification, labels). Applicable à tout produit agricole ou alimentaire, la solution Origin sert de trait d’union à la série de contrôles opérés tout au long de la chaîne de valeur. « Bureau Veritas intervient ici comme tiers de confiance, dans une relation Business to Business to Society (BtoBtoS), à même d’édicter des règles de gouvernance et de jouer le rôle d’arbitre, souligne Nicolas Karam. Notre valeur ajoutée est d’être capables de vérifier la qualité des données récoltées et d’opérer des contrôles physiques permettant de garantir la véracité des déclarations. »

Traçabilité, respect du bien-être animal, labels: pour les marques, les règles du jeu ont changé

Historiquement, la protection de la marque en agroalimentaire s’est bâtie sur des produits sûrs, garants de la sécurité du consommateur (pas de maladies) et de la tranquillité de l’industriel (pas de procès). Quelques décennies plus tard, après avoir goûté aux qualités nutritionnelles, gustatives et organoleptiques des aliments présents dans son assiette, le consommateur exige davantage… Désormais, une marque doit prendre en compte les enjeux environnementaux et sociétaux (consommation en circuits courts, labels, produits bio, etc.), et notamment le respect du bien-être animal. « Un sujet complexe, cantonné aujourd’hui à des recommandations internationales, sans règles ou critères de conformité précis, indique Nicolas Karam. D’où l’émergence de référentiels privés à l’initiative d’ONG (dont certaines sont accompagnées par Bureau Veritas) en attendant la création de standards. » La volonté de transparence des consommateurs augmente l’importance de la RSE dans la gouvernance des entreprises. Ces dernières se doivent de fournir de plus en plus d’indicateurs en matière d’impact environnemental et de bien-être animal. Il y a aujourd’hui un besoin accru d’engagements chiffrés, besoin pour lequel Bureau Veritas apparaît comme partenaire privilégié en mesure de créer la confiance par des contrôles indépendants.

Défi futur de l’industrie agroalimentaire : résoudre la quadrature du cercle des consomm’acteurs

L’enjeu n°1 pour l’industrie agroalimentaire d’aujourd’hui est de redéfinir un modèle d’exploitation durable des ressources de la planète, tout en répondant aux attentes, parfois contradictoires, des consommateurs : prix abordables, disponibilité maximale, dans le respect (de la nature, du revenu agricole, des animaux), avec plus de consommation locale. « Nos métiers évoluent dans ce sens, pour créer de la confiance autour des circuits courts. Bureau Veritas accompagne notamment les collectivités locales françaises dans l’approvisionnement des cantines scolaires en produits locaux », précise Nicolas Karam.

Consom’acteurs exigeants, entreprises responsables, digitalisation du contrôle à toutes les étapes de la chaîne de valeur… tel est le nouveau visage du circuit vertueux de la confiance en matière de sécurité alimentaire !