BIM

Technologie

BIM langage commun à toutes les phases du cycle de vie des bâtiments

6 mai. 2019

Initialement utilisé pour la conception de bâtiment, le BIM (Building Information Modeling) est en passe de devenir la technologie de convergence qui rapproche tous les acteurs de la construction. Ses récents développements, présentés notamment au BIM World 2019 à Paris, invitent les acteurs du marché comme Bureau Veritas à repenser leur offre de service. Retour sur ces nouveaux usages du BIM, précurseurs d’une approche novatrice, plus écoresponsable et inédite dans le secteur de la construction.

Bureaux d’études, entreprises de construction, maîtres d’ouvrages, architectes, fabricants de matériaux et d’équipements… la technologie de modélisation numérique BIM conquiert peu à peu tous les acteurs du secteur, et dépasse aujourd’hui largement ses frontières d’origine. Si la maquette BIM représente déjà tous les éléments du bâti et ses équipements dans les moindres détails, elle peut désormais simuler le vieillissement des matériaux, les déplacements des usagers, les flux de matière et d’énergie. Elle peut également suivre les évolutions des paramètres climatiques et aérauliques d’un bâtiment, et à l’instar de l’emblématique Planétarium de Shanghai, modéliser les flux financiers liés aux opérations de construction, de maintenance ou d’exploitation.

Le BIM s’impose donc comme un véritable langage commun, tout au long de la chaîne de valeur d’un bâtiment.

La conformité se contrôle désormais en temps réel

Avec l’accélération de la diffusion du BIM, les bureaux de contrôle peuvent proposer un contrôle de l’ouvrage très en amont et donc beaucoup plus a priori qu’a posteriori.

Le module « icheck® for Building », a ainsi fait son entrée sur le marché fin 2018 pour s’intégrer à l’outil de conception utilisé par les architectes. Le rôle de ce plug-in destiné à Revit[1]consiste à vérifier et signaler en temps réel les points de non-conformité sur la maquette numérique, à la manière d’un correcteur orthographique sur le logiciel Word. Un outil aussi simple que puissant, qui s’étend à de nombreux autres domaines d’application. Outre la conformité réglementaire relative à la détection des incohérences géométriques, à la vérification des accès handicapés, et bientôt à la sécurité incendie, icheck® for Building peut contrôler facilement de façon automatisée le respect du cahier des charges client (nombre de places de parking, tailles des chambres, etc.). Les nouveaux applicatifs, très simples à ajouter, sont modulables et adaptables en fonction des besoins de chaque corps de métier. Le plug-in Icheck® for Building pourra ainsi être prochainement utilisé pour vérifier la conformité des modifications faites sur des constructions neuves, après livraison de ces dernières.

Le BIM s’applique pleinement  à l’exploitation et la gestion de patrimoine

Pour que le BIM tienne sa promesse d’optimisation des opérations à chaque phase du cycle de vie d’un bâtiment, chaque acteur qui se réfère au jumeau numérique doit avoir une confiance absolue en sa fidélité au réel. Voilà pourquoi Bureau Veritas a développé une offre de certification des maquettes BIM, afin de garantir la corrélation entre représentation numérique et relevés de terrain « BIM as built ».

Mieux : une autre certification, « Ready for Operation », offre la garantie que le « jumeau numérique » d’un bâtiment contient toutes les informations techniques, réglementaires et de performance, nécessaires à la phase exploitation, pour être mis au service de la gestion de patrimoine et du Facility Management.

« En pratique, le BIM se révèle pertinent sur tout le cycle de vie des bâtiments, relève Anne-Laure de Chammard, Présidente-Directrice générale Bureau Veritas Construction. Il est utile pour mieux anticiper, réduire les coûts et délais dans les phases de conception et construction, mais également pour les phases d’exploitation, de maintenance, et même de déconstruction ».

Le BIM, levier d’une nouvelle économie circulaire

C’est ici que le BIM change aussi la donne. Désormais, les applications du BIM s’élargissent à la fin de vie des bâtiments, en intégrant les informations de déconstruction, de recyclage, de réutilisation… Bureau Veritas intervient notamment pour conseiller ses clients sur les matériaux à utiliser ou encore pour s’assurer que les critères de recyclage, de réutilisation ou de réemploi[2] sont respectés. Aussi, une offre de certification d’économie circulaire vient d’être lancée par Bureau Veritas pour intégrer le diagnostic, l’accompagnement, le suivi du chantier le contrôle des filières de réutilisation, et d’autres critères relatifs à la déconstruction. L’objectif, désormais, est d’anticiper le potentiel de réemploi des matériaux dès l’étape de conception d’un bâtiment, en utilisant le BIM. C’est une révolution dans la manière d’envisager la construction et la déconstruction !

Avec cette approche intégrée du cycle de vie du bâti, l’industrie du TIC[3] évolue aussi. Pour répondre à la disparité de maturité des clients en matière de BIM, Bureau Veritas fait évoluer son offre d’accompagnement et de formation en proposant une offre allant d’une initiation au BIM (définition de la stratégie BIM) jusqu’au suivi des projets en BIM 6D, en passant par la certification BIM managers… Bureau Veritas dispose de centres d’excellence BIM en Europe, mais aussi en Asie et en Amérique, où le marché est particulièrement mature, pour essaimer les bonnes pratiques en la matière.

Vers une digitalisation de la gestion du patrimoine ?

Au-delà de la gestion du cycle de vie du bâtiment, le BIM s’adapte désormais aux usagers. Le BIM permet ainsi aux utilisateurs de gérer le chauffage et l’éclairage des bâtiments en fonction du taux d’occupation et d’ensoleillement de ces derniers, le tout par le biais d’objets connectés
 


[1] Revit : Logiciel BIM d’Autodesk

[2] On parle de critère 5R (réduction, recyclage, réutilisation, réemploi et responsabilité sociétale), qui s’illustrent par exemple pur une « porte » de la manière suivante :

  • Réduction : garder la porte dans le projet de rénovation
  • Recyclage : recycler la matière première : le bois par exemple
  • Réutilisation : réutiliser la porte pour en faire une table
  • Réemploi : réutiliser la porte dans sa fonction initiale dans un autre endroit / bâtiment
  • Responsabilité sociétale : offrir la porte à une association / organisme d’aide aux personnes en difficulté

[3] TIC : Test, Inspection, Certification